Pourquoi ça marche ?

Christophe Labrousse dans le jardin du Collège Savio

Christophe Labrousse est le directeur/fondateur de l’École-Collège Savio, un établissement scolaire hors-norme, qui accueille les enfants en difficulté scolaire pour lesquels le système éducatif traditionnel n’apporte pas de réponse. Cet établissement est également hors-contrat, c’est-à-dire libre de ses méthodes pédagogiques, de ses programmes et du choix de son équipe, mais ne recevant aucune subvention ou aide financière. Cependant, les programmes de l’Éducation nationale sont scrupuleusement suivis à Savio. Les résultats obtenus sont spectaculaires et interviennent rapidement. D’après notre observation du collège et de ses élèves ces trois dernières années, le taux de réussite est de 70 %! Nous avons voulu comprendre pourquoi ça marche.

Catherine Bréjat : Que recherchent les parents qui vous confient leur enfant ?

Christophe Labrousse : Ils viennent chercher à Savio l’assurance que leur enfant va renouer avec les bonnes notes, alors que pour nous l’aspect scolaire du problème passe après l’épanouissement de l’enfant. Les parents, croyant bien faire, prennent le problème à l’envers. Ici, l’objectif premier est de redonner aux enfants une certaine appétence de la vie et d’en faire des adultes libres, capables de réfléchir. À partir du moment où ils iront mieux, ils retrouveront le chemin de la réussite scolaire.

CB : Oui, mais pourquoi vont-ils mieux lorsqu’ils fréquentent votre école ?

CL : Les réponses sont écoute et absence de jugement. Nous les acceptons tels qu’ils sont et nous attendons simplement de leur part le même respect que celui que nous leur portons.

CB : Et cela suffit ?

CL : Non bien sûr, mais c’est la base. Nous leur offrons ici un cadre sécurisant. Le lieu tout d’abord : tranquille, entouré d’une campagne magnifique à la belle saison ; puis, nous mettons en place des limites souples, intelligentes et évolutives qui vont rassurer l’enfant. Les enfants ont besoin d’être sécurisés et, pour cela, il faut rétablir les rites essentiels de l’enfance et les règles sur lesquelles ils peuvent s’appuyer ou avec lesquelles ils vont s’affronter. Car, surtout à l’adolescence, ils ont besoin de confrontation, de réaction de la part des adultes montrant que ces derniers se préoccupent d’eux, qu’ils ne sont pas indifférents à leur devenir. Enfin, nous les responsabilisons : nous leur apprenons à penser par eux-mêmes, à évaluer les dangers et à faire leurs choix en connaissance de cause. L’adulte doit accompagner et enseigner à l’enfant à devenir autonome.

CB : Pourquoi l’amélioration se constate-telle rapidement ?

CL : D’abord parce que les enfants qui arrivent chez nous sont dans un conflit fermé avec leurs parents. L’objet du conflit étant éloigné, en particulier pour ceux qui sont à l’internat, ils vont pouvoir se poser, prendre le temps de souffler et se sentir en sécurité. Ensuite, parce que nous sommes en observation et à leur écoute 24 h sur 24 h. Les parents ne peuvent aller travailler et être présents à temps complet, nous si, c’est notre métier. Les choses commencent à bouger dès le deuxième week-end suivant la rentrée et la progression se poursuit. L’équipe pédagogique et moi-même devons enregistrer une évolution notoire chaque semaine, sinon c’est que quelque chose n’a pas fonctionné et il nous faut découvrir de quoi il s’agit. Lors des vacances de la Toussaint, les parents nous font généralement part de leur étonnement et de leurs réactions positives.

CB : Est-ce que l’amélioration est durable ?

CL : Oui. Parce que nous ne les transformons pas, nous les aidons à devenir eux-mêmes. Notre but est d’en faire des citoyens libres et équilibrés. Pratiquement tous nos élèves ont pu réintégrer le cursus traditionnel de l’Éducation nationale après la classe de 3e et pratiquement tous ont réussi à mener les études auxquelles ils avaient décidé de se consacrer. Je recommande toujours aux Saviotins de croire en leurs rêves ! En plus de vingt ans de pratique, j’ai pu constater, chez nos anciens élèves, que le lien avec Savio ne s’était jamais rompu.

Catherine Bréjat – 7 janvier 2018

 

 

Soirée australienne à Saint-Martin de Ré

L’association Ile de Ré – Espérance recevait samedi 26 novembre à Saint-Martin de Ré les adolescents partis cet été en Australie grâce à l’association. Leur anglais s’est amélioré mais ils ont su profiter de leur séjour sur tous les plans

L’association Ile de Ré-Espérance, créée en 1988 pour honorer, ne l’oublions-pas, le rétais Nicolas Baudin à l’origine d’une expédition scientifique en Australie, donnait la parole le 26 novembre aux adolescents partis en juillet dernier. Colas Dommanget de Rivedoux, accueilli par la famille de Julian Davies et Eloïse Baurain, également de Rivedoux, qui séjourna dans la famille de Ella Coxall, nous racontèrent leurs expériences et nous firent découvrir, à travers leurs photos, des paysages sublimes. Louis Trouvé de Saint-Clément, le troisième larron faisant partie de ce voyage, fut accueilli dans la famille de Harriet Kirchner. Ne pouvant être présent ce soir-là, il avait enregistré une vidéo en anglais, que son père projeta à l’assistance.

Le Comté d’Espérance ou Shire of Espérance est situé sur la côte occidentale de l’Australie et doit son nom à l’une des deux frégates de la mission D’entrecasteaux partie à la recherche du Comte de la Pérouse en 1792. Cette mission donna le nom d’Espérance à la baie qui, par gros temps, l’avait abritée et probablement sauvée. C’est dans cette région que se rendent les adolescents rétais depuis maintenant vingt-huit ans, région que connaît bien Bernadette Mathieu, secrétaire de l’association et où elle s’apprête à repartir !

UN SÉJOUR PASSIONNANT

Le séjour d’un mois se répartit en quinze jours au Esperance Senior High School, où les jeunes français peuvent suivre des cours, participer aux activités sportives et s’entretenir avec leurs homologues australiens. Une autre quinzaine est consacrée aux vacances, pendant lesquelles les familles australiennes se sont donné la peine de leur faire visiter leur région. Ils ont eu ainsi la chance de découvrir National Park of Cap le Grand, ses magnifiques plages de sable blanc et la chaîne de montagnes dont un sommet porte le nom de Pic du Français ou du Béret (Frenchman’s peak). Ils ont voyagé le long de Great Ocean Road, considérée comme l’une des sept plus belles routes au monde avec sa vue sur la mer, découvert the Pinnacles, un immense paysage désertique où se dressent de fantomatiques aiguilles de rocher sur fond d’océan indien. Ils ont aussi visité la gigantesque mine d’or de Kalgoorlie, les villes de Perth et Kalbarri un peu plus au nord. Cerise sur le gâteau, le Lion’s Club local leur offrit une promenade aérienne au-dessus du Comté d’Espérance.

Au cours d’une partie de pêche en bateau, nos jeunes voyageurs eurent le plaisir d’apercevoir une baleine et des dauphins. Colas a également vu des baleines lors de ses pique-niques sur les plages. Les autres animaux typiquement australiens comme les kangourous, koalas, wombats, émeus… ne manquèrent pas de traverser leur chemin à un moment ou un autre.

Séjournant en juillet, ils eurent l’occasion de participer à la French Week, manifestation annuelle récurrente à Espérance au cours de laquelle on mange et on boit français !.

UN BILAN TRÈS POSITIF

Si ces échanges sont censés apporter à nos globe-trotters une plus grande maîtrise de l’Anglais, il est évident à les écouter nous faire part de leur expérience qu’ils en retirent beaucoup d’autres bienfaits.

Ils sont séduits par la découverte d’un mode de vie différent, où une grande partie du temps est consacré au sport, particulièrement en été où la vie s’organise dehors. Ils apprécient l’accueil chaleureux de ces Australiens qui sont nettement plus « cool » que nous, un peu moins à cheval  sur les bonnes manières et qui laissent beaucoup de liberté à leurs enfants tout en les responsabilisant. Ils sont emballés par l’immensité et la beauté des paysages et n’ont qu’une envie y retourner. Ils en reviennent ayant acquis une certaine autonomie et une vision différente du monde, plus ouverte sur l’international.

Le seul véritable problème de ces échanges reste le coût du voyage. Jusque-là l’association ne recevait qu’une subvention de 1 000 € de la mairie de Saint-Martin. La Communauté de communes de l’île de Ré a donné, pour la première fois cette année, une somme de 2 000 € qui change la donne car cela permet d’apporter une aide financière significative aux familles pour le billet d’avion.

Au-delà de leurs exposés durant la « soirée australienne », les trois participants à ce voyage ont rédigé, en Français et en Anglais, des articles bien documentés sur leurs activités durant le séjour.

Catherine Bréjat – 29/11/2016

Bernadette Mathieu entourée d'Eloïse Baurain et de Colas Dommanget
Bernadette Mathieu entourée d’Eloïse Baurain et de Colas Dommanget

Les Confitures du Clocher entrent dans le monde du bien-être

L'un des 5 produits de la gamme Éclats d'Embruns
L’un des 5 produits de la gamme Éclats d’Embruns

 

 

Françoise Héraudeau et son fils Bertrand présentant leurs médailles
Françoise Héraudeau et son fils Bertrand présentant leurs médailles

 

 

 


Une fois encore, Françoise Héraudeau réussit à nous surprendre. La gamme « Éclats d’Embruns » lancée ce printemps est une petite merveille de technicité et de saveurs.

Chaque année, les Confitures du Clocher mettent sur le marché des nouveautés et raflent les médailles des différents concours de l’agroalimentaire si bien qu’elles figurent parmi les 10 entreprises les plus primées du Poitou-Charentes. En 2015, lors du concours des saveurs régionales Poitou-Charentes, la médaille d’argent revenait à une confiture de géranium framboisé réalisée par l’entreprise pendant que celle de bronze récompensait une confiture Mara des bois. En 2016, la médaille d’argent du concours général agricole était attribuée à la Mara des bois. Ces récompenses qui tombent régulièrement et avec une apparente facilité occultent l’important travail de recherche et développement que mène cette petite PME créée au début des années 80 par un étonnant personnage : Françoise Héraudeau.

Françoise Héraudeau, un personnage plus complexe qu’il n’y paraît

Élevée dans les années 60, dans un monde rural et macho, Françoise pouvait rêver au mieux de devenir secrétaire. Son intelligence, sa profonde connaissance des plantes et de leur environnement, sa force de travail et sa lucidité en ont décidé autrement.

En l’écoutant parler dans son petit bureau d’Ars, on se rend compte que rien n’est laissé au hasard et que Françoise se promène avec bonheur dans le monde complexe des saveurs et le mélange des saveurs, sucrées ou salées, est fait dans la recherche d’un équilibre qui doit correspondre au plaisir du plus grand nombre. C’est ainsi que l’on gagne les concours !

Qu’il s’agisse des textures si particulières de ses produits ou des saveurs, tout est longuement étudié et testé. Au laboratoire, intégré à l’entreprise, Françoise travaille avec Bertrand, son plus jeune fils, sur les différentes sensations et réactions chimiques constituant le goût ainsi que sur le rôle de l’oxygène dans la libération des flaveurs. On s’attarde sur les saveurs subtiles tel l’âpre ou l’amer, tellement plus intéressantes que les autres ! C’est ce travail de recherche, accompagné d’une créativité intéressante parce qu’ici on ose, qui fait la spécificité de l’entreprise. « Il faut toujours être dans l’audace » constate Françoise « sinon on ne se démarque pas des autres ».

Les derniers-nés : Éclats d’Embruns

Cette ligne se présentant sous forme de tisanes ou d’infusions en gelée est destinée à accompagner les soins en thalassothérapie puis à prolonger leurs bienfaits à la maison. Elle diversifie l’offre des Confitures du Clocher et fait entrer l’entreprise dans le monde du bien-être et du paramédical. Les dosages de plantes sont plus importants que dans la gamme précédente des Herbiers et les textures souhaitées, bien maîtrisées pour ce type de consommation, sont également tartinables. Cinq produits sont actuellement déclinés et déjà utilisés dans le centre de thalassothérapie d’Ars : mer d’huile (digestif), mer calme (sommeil), mer houleuse (détox), mer forte (tonus) et pleine mer (respiration) pour aider votre corps à retrouver l’harmonie

Catherine Bréjat –

15/4/2016

 

1 Chemin des Palissiats – 17590 Ars en Ré

Tel :05 46 29 41 35 – Mobile 06 98 18 06 31/06 73 95 77 40

Le goût de l’été

L’artiste peintre Geneviève Baudoin nous revient du 18 avril au 1er mai. Elle investira la Galerie du Port à Rivedoux-Plage pour nous faire partager son goût de l’été.

C’est une toile intitulée Le goût de l’été qui donne le ton à cette exposition très personnelle consacrée aux « couleurs et à l’ambiance radieuse de bonheur et d’harmonie particulière à Ré », selon l’artiste. Geneviève Baudoin exposera des gouaches et dessins datant de l’époque où elle vivait dans l’île : bateaux et barques en bois, pêcheurs refaisant les peintures ou les réparant, plages et marais salants ainsi que trois projets d’affiche pour notre hebdomadaire emblématique Le Phare de Ré.

Pour les huiles plus récentes, elles ont été faites « dans le même esprit que Le goût de l’été, en me promenant dans mes souvenirs ». Les autres toiles présentées sont son vécu d’ailleurs et son expression qui prend sa source sur le motif et permet de faire un voyage dans ses sensations au moyen de formes, de rythmes et de couleurs.

Catherine Bréjat

Le goût de l'été,
Le goût de l’été

Galerie du Port – 183 avenue Albert Sarrault – Rivedoux-Plage

Horaires : 11h-13h et 16h-19h30

Du pouvoir vibratoire des huiles essentielles

Le discours de Valérie Demars, fondatrice de la société VALDEM et créatrice des parfums Aimée de Mars, est intéressant et inhabituel dans cette conception nouvelle q’il met en avant d’un parfum agissant sur le corps et procurant du bien-être. 

Chimiste, Valérie Demars entre à l’Institut supérieur international du parfum, de la cosmétique et de l’aromatique alimentaire (ISIPCA) de Versailles -une référence pour pénétrer le monde hermétique de la cosmétique-, où elle obtient un DESS en 1996. Elle travaille ensuite durant plusieurs années dans l’industrie cosmétique conventionnelle chez Payot, puis Givenchy avant d’être recruté par Léa Nature en tant que directeur Recherche et Développement. À la suite d’un ennui de santé important, son rêve d’enfance refait surface et elle ose, cette-fois, se lancer dans la création des parfums Aimée de Mars. Pour cette ligne, qui lui tient particulièrement à cœur, elle a développé le concept de l’aromaparfumerie, alliance de ses deux passions l’aromathérapie et la parfumerie. La parfumerie s’entend ici au sens noble du terme, celui que lui conférait l’antiquité et plus particulièrement les civilisations du pourtour méditerranéen. À l’époque, comme nous le rappellent Théophraste, Pline l’ancien ou encore Hippocrate, les parfums étaient appréciés pour leurs vertus médicales, considérés nécessaires à la beauté et participaient aux rites funéraires.

LA THÉORIE QUANTIQUE

L’amour inconditionnel de sa grand-mère Aimée de Mars insuffla à Valérie enfant le caractère sacré de la nature, qui l’amène, aujourd’hui adulte, à choisir des molécules naturelles pour formuler ses parfums. Valérie Demars utilise pour former le cœur olfactif de tous ses parfums 21 huiles essentielles aux propriétés thérapeutiques qui agissent sur notre corps physique et dont le pouvoir vibratoire agit également sur notre équilibre énergétique. Car tout vibre dans l’univers où chaque atome à un mouvement vibratoire et une fréquence spécifiques mesurée en Hertz. Ainsi l’huile essentielle de rose qui rentre dans la composition de Belle Rose possède une fréquence de 320 MHz, la plus élevée de toutes les huiles essentielles. Les scientifiques commencent à parler des effets de ce pouvoir vibratoire, mais ce phénomène reste encore peu connu du grand publique. Valérie Demars va plus loin avec « Les Étoiles d’Aimée » et n’hésite pas à inclure dans les jus de cette gamme, des pierres semi-précieuses brutes possédant de fortes vibrations propres à leur couleur. Les gemmes associées aux huiles essentielles du cœur olfactif renforceront les effets et donneront une nouvelle dimension au parfum. Rappelons que les propriétés des pierres étaient également exploitées par les anciens et en particulier par les Égyptiens et les Mayas.

DES PARFUMS VENDUS EN PHARMACIE OU EN PARAPHARMACIE

Ce concept novateur ne pouvait manquer de séduire Arnaud Cante, docteur en pharmacie, fondateur de la parapharmacie Par’a la plage, préfigurant la pharmacie de demain et qui consacre une grand place à la phytothérapie ainsi qu’à l’aromathérapie. Arnaud est le seul actuellement à vendre les parfums Aimée de Mars dans l’île de Ré. Il apprécie la réussite technologique de Valérie Demars (créer un parfum dont le cœur olfactif est constitué d’huiles essentielles présente de réelles difficultés) et il trouve une certaine légitimité à vendre des parfums qui, contenant des principes actifs, apportent du bien-être. Arnaud Cante constate que la base line des produits Aimée de Mars « Des parfums corps et âme » correspond tout à fait à la conception des MAC (médecines alternatives et complémentaires) où l’esprit et le corps ne font qu’un, le patient étant pris en compte dans sa globalité.

Les parfums de Valérie Demars élaborés à 95% avec des produits naturels et utilisant des connaissances scientifiques relativement récentes pour utiliser au mieux les bienfaits de la nature, ne seront-ils pas à l’origine du retour des parfums d’où ils viennent, c’est-à-dire en pharmacie ?

Catherine Bréjat

Valérie Demars, parfumeur
Valérie Demars, parfumeur

Où trouver les parfums Aimée de Mars :

Dans l’île de Ré :

Par’a la Plage – La Crois Michaud – La Flotte – 09 67 11 07 38

À La Rochelle :

Madame Rêve – 31 rue Saint-Nicolas

Pharmacie Asselin – 48 rue des Merciers

Pharmacie Champagne – 101 Av du Lt Cl Bernier

 

Geneviève Baudoin : une grande coloriste

Les dahlias, une huile sur toile

Dhalias, huile sur toile

La vie de Geneviève Baudoin a toujours été intimement liée à celle de l’île de Ré. Son sens artistique s’est éveillé et épanoui dans les marais salants et leurs couleurs extraordinaires. Profondément parisienne, elle ne saurait vivre, pourtant, sans la lumière et la liberté que lui apporte l’île où elle vient régulièrement se ressourcer. Et c’est dans l’île de Ré qu’aura lieu, sa dernière exposition de l’année.

Geneviève travaille à l’huile, au pastel gras ou à la gouache. L’utilisation qu’elle fait de la couleur est sans doute ce qui la caractérise le plus. Charles Vincent a écrit à son sujet, en 2012, dans Charente Magazine : « Il y a du Derain dans ses autoportraits, du Vlaminck dans ses paysages et du Matisse dans ses natures mortes ». C’est assez bien vu. Pour avoir sillonné avec elle le sud marocain, je dirai qu’il y avait aussi la force d’un Majorelle dans les gouaches qu’elle réalisa à cette occasion. Cependant, ne dire que cela serait réducteur. Le graphisme de Geneviève est assez simple mais son talent lui fait saisir en quelques traits une réalité qu’elle sublime par la couleur. Une couleur riche et sensuelle. Il n’est que de regarder cette petite huile sur toile, véritable bijou au format carré, les « Dhalias ». Même ses noirs sont sensuels et profonds comme le montre le portrait plein d’humour, qui n’a pas dû plaire à tout le monde, de feu l’évêque de Blois.

Sa palette juxtapose rouge vermillon, rose tyrrhénien, jaune jonquille ou bleu cobalt et donne un air de gaieté, teinté de poésie à l’ensemble de ses tableaux. Elle masque assez bien l’angoisse existentielle du personnage que l’on trouve dans pratiquement tous les autoportraits.

Derrière cette apparente facilité, se cache une solide formation aux Arts Déco, à la galerie Charpentier et surtout chez le sculpteur Georges Muguet ancien élève de Bourdelle, qui l’a beaucoup marquée. Geneviève s’amuse des formats carrés et n’hésite pas à s’attaquer à des toiles de très grandes dimensions. Elle a exposé en solo ou participé à de grandes expositions de Paris à New York, en passant par Singapour, dans les grandes capitales européennes et bien sûr en France. La dernière fois que l’on a pu admirer ses réalisations dans l’île, c’était lors du Festival des Arts actuels au musée Ernest Cognacq en 2013.

L’exposition qui se tiendra en décembre à la Galerie du Port, à Rivedoux, présentera un échantillonnage du talent de cette personnalité solaire.

Catherine Bréjat

Galerie du Port – 183 av Albert Sarrault – Rivedoux Plage

Du 23 au 31 décembre – Fermé le 25 décembre

Horaires : 10h30 – 13h et 16h30 19h

www.genevievebaudoin.com

Pêches ouvertes
Pêches ouvertes
Chez Denise
Chez Denise

Feu Monseigneur l'évêque de Blois

Feu Monseigneur l’évêque de Blois

 

Les dahlias, une huile sur toile

Une pédagogie particulière pour enfants hors-norme

Catherine Salez a reçu le 24 octobre dans son émission Zoom Actu sur la radio Soleil de Ré, Christophe Labrousse, directeur du Collège Dominique Savio, une véritable école expérimentale pour enfants hors-norme, installée à Saint-Léger de la Martinière dans les Deux-Sèvres

Jonathan Adonicam, Christophe Labrousse et Catherine Salez dans le studio d'enregistrement de Soleil de Ré.
Jonathan Adonicam, Christophe Labrousse et Catherine Salez dans le studio d’enregistrement de Soleil de Ré.

Catherine Salez nous a proposé une émission très intéressante samedi dernier. Bon nombre d’entre nous sont confrontés au problème des enfants en difficulté scolaire ou hors norme parce que surdoué ou autiste par exemple. Le Collège Dominique Savio obtient de formidables résultats et Catherine Salez a invité Christophe Labrousse ainsi que son directeur adjoint Jonathan Adonicam à nous expliquer le secret de leur succès. Christophe a expliqué que l’essentiel dans l’éducation est le développement de l’être humain dans sa globalité. Il estime qu’écoute, respect et solidarité sont les bases indispensables à une construction harmonieuse de la personnalité des enfants ainsi qu’à une réussite, qui ne passe pas obligatoirement par l’amélioration immédiate des notes. Selon lui, chaque enfant possède son propre potentiel et la tache des enseignants du Collège Dominique Savio est de l’entourer des conditions optimales pour que celui-ci se développe. Les matières traditionnelles sont enseignées au collège et, une large part est consacrée aux disciplines artistiques entre autre dans le cadre d’une journée culturelle le mercredi à laquelle Christophe tient particulièrement. Le sport, nécessaire à l’équilibre, est très présent. Toutes ces matières contribuent à la formation intellectuelle de l’enfant, mais la manière de les concevoir et de les approcher est importante, car elle aura un rôle majeur dans la construction de sa personnalité. Basée sur l’absence de jugement, le respect mutuel et la responsabilisation, la pédagogie pratiquée au Collège Dominique Savio, conjugue les propositions des grands pédagogues avec la propre expérience de Christophe Labrousse. Le programme officiel est néanmoins suivi et les résultats au Brevet des Collèges, également préparé par Savio, donnent certaines années des résultats étonnants comme en 2009 ou 13 élèves sur 14 Saviotins obtinrent leur diplôme. Seule ombre au tableau, le Collège Savio ne reçoit aucune aide de qui que ce soit et ce sont les parents en fait qui financent l’école. Le rêve de Christophe Labrousse ?  Que les résultats exceptionnels du collège soit enfin reconnus par les instances nationales comme un mode pédagogique à part entière.

La vision des deux éducateurs apporte une bouffée d’espoir à tous les parents d’enfants qui,parce que hors norme, sont laissé sur le bord du chemin. Bill Gates n’était –il pas un enfant hors norme ?

Catherine Bréjat

 

Gérard Burkhalter : un étrange personnage

Gérard Burkhalter
Gérard Burkhalter

On le rencontre un peu partout dans l’île de Ré, aussi bien dans les dîners en ville que dans les ateliers d’artisans ou d’artistes, ou bien encore, participant à la mise en œuvre de certains rouages économiques. Courtois, il observe et rien ne lui échappe. Cordial, il reste insaisissable. Intellectuel, il s’épanouit dans les tâches manuelles. Nous avons rencontré Gérard Burkhalter pour essayer de mieux connaître cet étrange personnage.

Difficile de faire en sorte que Gérard Burkhalter parle de lui, car il estime que parler de soi ne présente aucun intérêt, si cela ne débouche pas sur le groupe. Son argument ? L’autre est indispensable pour avancer. Gérard Burkhalter est incapable de vivre sans mettre en pratique une notion spontanée de l’altruisme, plutôt rare de nos jours, où les individualistes se réfugient derrière leurs certitudes et éventuellement leur pouvoir. Ce que Gérard entend par dialoguer avec l’autre, c’est l’écouter, le et se contredire, pousser l’un et l’autre dans leurs derniers retranchements pour obtenir autre chose qu’un discours convenu et tenter de découvrir avec lui, les éléments qui leur permettront d’avancer. Se rapprocher de l’autre tout en conservant sa différence, tel est le crédo de Gérard. Sa foi en l’individu est exceptionnelle et, disons-le, plutôt inhabituelle de nos jours. « On ne peut pas désespérer de l’autre » s’exclame-t-il ! Affirmation ou incantation ?

LES ANNÉES DIFFICILES

On peut se demander quelle est l’origine de cette confiance en l’individu. Car la vie n’a pas épargné Gérard, dont les jeunes années se sont écoulées à Lausanne, dans la misère. Un père malade, plus de salaire, pas de couverture sociale, la vie bascule et la famille se retrouve dans une situation très difficile. Le gamin, il a 9 ans à l’époque, décroche des petits boulots pour aider sa mère du mieux qu’il peut. Il est intelligent, plein d’une énergie qui l’anime encore aujourd’hui : il va apprendre les fondamentaux de l’existence et tirer le maximum d’enseignements de cette expérience douloureuse. Dans la Suisse relativement modeste du milieu des années 50, le système de la démocratie participative permet à tous, y compris aux jeunes, d’entreprendre. Gérard va bénéficier de cette situation comprenant rapidement que pour obtenir quelque chose de quelqu’un, il faut être poli… et un peu malin aussi. Lausanne, où vit sa famille, possède un port franc où arrivent des trains de marchandises venus de partout, y compris des colonies françaises. L’enfant loue ses services pour décharger les wagons et chaparde un peu. Lorsque l’un des responsables lui donne quelques bananes, il sait dire merci. Parallèlement, il récupère les vieux papiers, grâce à une concierge qui lui prête une petite charrette à quatre roues. Il conserve les livres et découvre la magie de la lecture qui lui fait tout oublier. Il réussit même à se constituer une bibliothèque avec quelques parpaings dans un recoin des escaliers de la cave d’un immeuble ancien.

À 14 ans, il déménage vers un quartier plus riche de Lausanne où il se propose comme coursier aux différents magasins. Le succès est tel qu’il est obligé d’employer des copains pour assurer l’ensemble des livraisons. Il y avait un laboratoire de prothèses dentaires qui l’intéressait plus particulièrement. S’étant fait embaucher comme coursier, il réussit à convaincre le patron, un peu malgré lui, de le prendre comme apprenti. D’une manière plus globale, il va réussir en imposant sa débrouillardise de gamin de la rue pour qui sonner à une porte c’est l’ouvrir et non attendre qu’on vous ouvre.

UNE RÉUSSITE FAITE D’EXIGENCE

C’est ainsi qu’il deviendra prothésiste dentaire et l’un des plus réputés de Suisse. Pour Gérard, ce n’est pas un métier de plaisir, mais il le pratiquera toute sa vie active au plus haut niveau, pour des raisons alimentaires évidentes et surtout de façon à se faire respecter des chirurgiens dentistes. Il veut se rendre indispensable par la qualité et la technique de ce qu’il produit afin de ne pas se laisser enfermer dans un rapport de force qui lui serait défavorable. Subir, jamais. Se faire respecter, toujours. L’enfant malin est devenu un homme structuré qui sait ce qu’il ne veut pas. Tant et si bien que son laboratoire dentaire, réputé internationalement, fournira en prothèses une haute dentisterie parisienne ayant le milieu du spectacle pour clientèle. Reconnu dans son activité, il transmettra son savoir en enseignant dans des écoles spécialisées en France et aux Etats-Unis. Il a imposé aux chirurgiens dentistes un rapport de force auquel il croyait, parce que convaincu qu’il était juste. Juste est un mot fondamental de son vocabulaire, qu’il met régulièrement en pratique.

À côté de ce métier qui le fait bien vivre, il s’intéresse à une multitude d’activités aussi bien manuelles qu’intellectuelles. Il aime comprendre et s’émerveille de réussir à installer lui-même l’eau ou l’électricité dans une maison. Il rattrape le temps perdu et la conception de l’enseignement en Suisse l’autorisant à poursuivre des études universitaires alors qu’il n’a qu’un CAP, il obtient un certificat d’histoire de l’art à 50 ans et un autre de sociologie à 52 ans. Il est curieux de tout en particulier de l’inconnu qui peut réserver de belles rencontres.

L’ÎLE DE RÉ

Dans les années 2000, il est atteint par une grave maladie. Les médecins sont très pessimistes et Gérard se prépare à partir. Il prend les dispositions nécessaires concernant ses enfants, qui sont pratiquement tous tirés d’affaire et transmet son entreprise à ses ouvriers. Il est alors très proche d’une dame aux talents de guérisseuse, dont l’amour va le sauver. Les médecins, stupéfaits de ne plus trouver, du jour au lendemain, les tumeurs malignes sur les radios demandent à être mis en contact avec cette personne.

La dame en question étant rétaise, Gérard s’était dit que s’il survivait, il s’installerait dans l’île de Ré. Ce qu’il fit. Depuis, totalement disponible, il cherche à s’occuper. La période de la rue et la maladie font qu’il n’a plus de temps à perdre. Il est pris d’une sorte de boulimie le poussant à s’investir dans toutes sortes de secteurs. Il va rencontrer Jean-Pierre Dussaillant, peintre et sculpteur travaillant le métal. Il reste à ses côtés plusieurs années, complétant sa connaissance du travail du métal qu’il avait déjà abordé sous l’angle du bijoutier. Les bijoux feront d’ailleurs partie de certaines de ses réalisations avec Dussaillant. Il travaille quelque temps avec Hervé Dupeux, un électricien, puis restaure une maison à Rivedoux où il ouvre la Galerie du Port. Il peint, s’occupe en éditant des catalogues d’art avec différents imprimeurs. Mélomane et musicien, il joue de la guitare et sait également fabriquer cet instrument car il a, à un moment de sa vie pris des cours de lutherie et flirté avec l’idée de reprendre la lutherie de Fontevrault… Il est sur tous les fronts possibles.

On a le sentiment qu’il fait rapidement le tour des choses en s’investissant à fond puis s’en lasse. À tel point que l’on peut se demander après quoi il court ainsi. Tout à fait conscient de sa démarche, Gérard, lui au moins, sait ce qu’il recherche. Ce qui l’intéresse dans le moment c’est ce qui va venir après, cet instant particulier de bascule où les choses redémarrent. Ce qui l’intéresse c’est l’émerveillement du renouveau qui fait la beauté de la vie, un moment captivant mais qui ne dure pas longtemps.

Plus généralement, Gérard est un produit caractéristique de la culture et du système politique de son pays natal, la Suisse. C’est un ardent défenseur de la démocratie participative pratiquée en Suisse et dans une bonne partie du nord de l’Europe, c’est pourquoi la manière dont il aborde les problèmes, réfléchit et agit peut nous paraître, à nous autres Français à la démocratie représentative, un peu étrange, parfois dérangeante. Mais si pour une fois nous sommes capables d’écouter notre interlocuteur, ce « citoyen-soldat » comme il se qualifie, peut sans doute nous aider à progresser. La réciproque est-elle envisageable ?

Gérard Burkhalter dans un jardin tétais
Gérard Burkhalter dans un jardin rétais

Catherine Bréjat

Sous l’apparente réalité

Après de nombreuses années de recherche et de maturation, le travail de Nathalie Béguier, artiste plasticienne, a pris une nouvelle orientation. Elle présentera ses fresques du 4 décembre au 2 janvier 2016 à la Galerie Royale à Rochefort.

Nathalie Béguier dans son atelier
Nathalie Béguier dans son atelier
Nathalie Béguier devant un portait de Camille Claudel
Nathalie Béguier devant un portait de Camille Claudel
Portrait de femme de Nathalie Béguier
Portrait de femme de Nathalie Béguier

Diplômée de l’école d’Art Plastique de Montpellier, Nathalie Béguier, peintre décorateur, est une artiste reconnue. De nombreuses expositions nationales et internationales attestent d’une belle carrière. Cependant, toujours exigeante, Nathalie continuait à chercher l’expression convenant le mieux à sa personnalité profonde. Il y a deux ans, sa maturité artistique l’a conduite vers une technique totalement différente de ce qu’elle faisait jusque-là : la fresque. Issue d’une famille latine, élevée dans l’environnement des fresques italiennes, elle a souhaité se mesurer à cet art ancestral, difficile, mais riche de nouvelles possibilités.

Depuis un certain temps déjà, elle cherchait à exprimer ce sentiment d’être à mi-chemin entre rêve et réalité ; la fresque lui est apparue le moyen approprié de poursuivre sa quête de spiritualité.Auparavant il lui fallait résoudre un problème, celui du support censé accueillir ses fresques et leurs multiples couches de sable et de chaux. Elle réalise désormais des murs portatifs et après de longues recherches techniques, s’est lancée dans le complexe travail de la fresque.

L’exécution d’une peinture « a fresco » nécessite une grande habileté et se fait en une seule fois, avant que l’enduit ne sèche complètement. Il est impossible de revenir en arrière. De plus les pigments ne révèleront leur véritable couleur qu’une fois secs. Il faut donc posséder une technicité à toute épreuve et un mental  d’acier. La préparation des différents éléments est assez physique. Nathalie a besoin de cette étape laborieuse pour donner libre cours à sa démarche artistique, la poussant à rechercher, sous la matière, l’essence même de l’être humain.

Le résultat est saisissant Les œuvres sont illuminées d’une lumière qui diffuse de l’intérieur et apporte beaucoup de douceur à ses portraits de femme. Nathalie explique d’ailleurs cette magie de la lumière : « Ma propre quête, est de me laisser traverser par une silhouette ou un regard  apparaissant après ma séance de travail, depuis que j’utilise la chaux et pratique la technique de la fresque. La magie de la lumière transcende les couches de pigments et me donne le sentiment de n’être que le médium pictural. Je commence à appréhender que la maîtrise n’est rien si elle n’es tpas habitée par une présence et que même s’il me reste probablement beaucoup de chemin à parcourir, le simple fait d’être surprise du résultat obtenu est déjà un accomplissement en soi »

La dualité entre l’apparence et l’existant, au sens le plus profond du terme, est évidente dans la trentaine d’œuvres, dont beaucoup de visages féminins, exposées à la Galerie Royale. Des œuvres qui ne demandent qu’à se laisser découvrir.

Catherine Bréjat

Nathalie Béguier – 15, allée de Montravail – 17430 Lussant

Mobile : 07 62 44 70 52 – contact@nathaliebeguier.fr

www.nathaliebeguier.fr

 

 

 

Une vocation précoce

Cela fait trois ans que Rosalie F, 17 ans, demeurant à Sainte-Marie, concentre tous ses efforts vers un seul but : aller au Japon. Son rêve s’est concrétisé cette année et elle a séjourné plus d’un mois à Tokyo l’été passé. Son enthousiasme, sa joie nous ont séduit et nous l’avons rencontrée pour essayer de mieux comprendre.

À dix ans, Rosalie s’intéressait déjà à la culture japonaise. Une amie, fan de mangas et de films d’animation japonais lui avait fait découvrir Miyazaki, auteur entre autres du Voyage de Chihiro ainsi que les différentes réalisations du Studio Ghibli. Séduite, Rosalie a eu envie d’en savoir plus, de comprendre ce pays dont elle commençait à appréhender la culture et plus prosaïquement la cuisine. Enthousiasmée par ce qu’elle découvrait tout lui paraissait magnifique et magique.

Une chance extraordinaire : le lycée Antoine de Saint-Éxupéry

Son attirance pour la culture japonaise se développant, Rosalie commença à apprendre seule le japonais à partir de la classe de 4°. C’est dire la détermination de ce petit bout de jeune fille qui s’accrocha sans préparation aucune à une difficulté linguistique majeure pour un Européen. Lorsqu’elle entre enfin au lycée Antoine de Saint Exupéry à La Rochelle, elle est ravie de pouvoir prendre Japonais en 3e langue et de suivre des cours construits. Le lycée Saint-Exupéry est l’un des 15 lycées en France à posséder le Label Langue et à proposer des cours de japonais. À La Rochelle, le professeur est Japonais et travaille en relation avec l’association-franco-japonaise Shiosaï (le bruit du ressac) de La Rochelle. Si bien que les élèves bénéficient des événements culturels organisés par l’association, telle la visite de l’exposition Samouraï au château des Ducs de Bretagne à Nantes, le Festival du cinéma Japonais de La Rochelle ou l’Ohana Mi, la poétique fête du printemps.

Le lycée Saint-Exupéry organise depuis une vingtaine d’années des échanges avec le lycée Musashi de Tokyo. Chaque année deux élèves de terminale L (Littéraire) sont sélectionnés et s’envolent vers Tokyo et deux adolescents Japonais sont, en retour, reçus à La Rochelle. Inutile de dire que la concurrence est rude pour ces deux places et qu’elle décuple l’esprit de compétition de ces jeunes gens avides de s’immerger dans la réalité japonaise. Ils partent à la fin de leur 3e année de japonais, lorsqu’ils ont appris les deux alphabets, les hiragana et les katakana, ainsi qu’un certain nombre de Kanji (idéogrammes japonais) leur permettant de ne pas se sentir complètement perdus dans un environnement sonore totalement japonais et afin de se faire comprendre des familles qui les accueillent.

Un enchantement confirmé et une première étape vers l’indépendance

Après un voyage de 12h au-dessus de la Russie et de la Chine, Rosalie atterrit à l’aéroport international de Tokyo Narita où l’attendaient deux des trois familles chez qui elle résidera durant son séjour. Premier contact, dont elle dit dans son vocabulaire d’adolescente : « Déjà, je n’y croyais pas ». Elle est tellement heureuse qu’elle va tout trouver formidable. Mais en digne descendante de Descartes, elle réussit, malgré son jeune âge, à analyser et à comprendre ce qui lui plaît tant dans ce monde éloigné du nôtre. Dès la sortie de l’aéroport elle monte à bord d’un shinkansen, ces trains à grande vitesse, aménagés de manière plus astucieuse que les nôtres. Côté transports sa première impression se confirmera : propreté, efficacité, ponctualité, clarté des indications sont les maître mots de ce secteur. Le respect du client, le sens du service, la politesse se retrouvent dans tous les domaines, aussi bien à l’école que dans les magasins ou à l’école. Son séjour débute par un camp au Mont Akagi ou le lycée Musashi possède une auberge traditionnelle. Elles sont 5 filles entourées de 40 garçons. Ceux-ci n’auront à aucun moment un geste ou une parole déplacés ! Les petites Françaises n’ont pas l’habitude et elles apprécient. Les japonais sont un peuple discipliné et lorsqu’il faut faire une queue, personne n’essaye de piquer la place d’un autre mieux placé. La cuisine est bien présentée, mais elle est aussi délicieuse et abordable lorsque l’on mange à l’extérieur. Quant aux bento contenant les repas des adolescents et des travailleurs, ils sont tellement beaux que l’on a envie de les collectionner.

Les Japonais qui peuvent nous apparaître, à nous autres occidentaux, froids, savent en réalité gérer leurs émotions et garder pour eux ce qui relève de l’intimité. Rosalie, reste émue de l’accueil que les familles lui ont réservé et de la façon dont elles l’ont entourée durant tout son séjour. Au-delà de la séduction première de la nouveauté, Rosalie a découvert un modèle de société qui lui convient et un mode de vie qu’elle aime.

Quel avenir pour cette adolescente super motivée ?

Reste à savoir vers quel projet cet intérêt passionné la conduira? Poursuivre des études de Japonais sur le plan universitaire à La Rochelle est impossible. On s’étonne un peu de posséder l’un des rares lycées à enseigner le Japonais et qu’aucune suite ne soit prévue pour les étudiants dans le cycle supérieur. Pour continuer à apprendre le Japonais, Rosalie devra se rendre à Bordeaux ou à Paris. Cela représente un investissement lourd pour sa famille. Elle se demande, si tant qu’à faire de débourser un loyer, il ne serait pas plus profitable qu’elle termine ses études au Japon en faisant des petits boulots.

On se demande parfois pourquoi la France est en retard dans l’internationalisation de ses scientifiques, chercheurs et enseignants…La réponse est que dès que l’on sort d’un circuit traditionnel, tel que vouloir aller terminer ses études au Japon, il ne faut s’attendre à aucune aide.

Catherine Bréjat

La classe de 1e dans laquelle Rosalie se trouvait au lycée Musashi
La classe de 1e dans laquelle Rosalie se trouvait au lycée Musashi
Rosalie à gauche devant le temple bouddhiste à Nikko
Rosalie à gauche devant le temple bouddhiste à Nikko
Soirée origami entre lycéens japonais et français
Soirée origami entre lycéens japonais et français
Le Mont Fuji pris du 38e étage par Rosalie depuis l'appartement qu'elle habita à un momùent de son séjour
Le Mont Fuji pris du 38e étage par Rosalie depuis l’appartement qu’elle habita à un moment de son séjour