Savio : le témoignage d’un parent

Christophe Labrousse et Jonathan Adonicam lors de l'enregistrement de l'émission Zoom Actu de Catherine Salez
Christophe Labrousse et Jonathan Adonicam lors de l’enregistrement de l’émission Zoom Actu de Catherine Salez

Vous avez été très nombreux à consulter le compte-rendu de l’émission de Catherine Salez ( Zoom Actu surSoleil de Ré) à propos du Collège Dominique Savio. Il est évident que le problème des enfants en difficulté scolaire concerne plus d’un parent. C’est pourquoi, nous mettons en ligne ce jour,  pour la première fois, un témoignage de parent, que vous trouverez ci-dessous.

Catherine Bréjat

En primaire, ma fille a toujours été une bonne élève et se plaisait dans sa petite école très conviviale d’une centaine d’élèves qui se connaissaient tous depuis la maternelle. A partir de l’entrée au collège où elle effectue sa 6e, 5e et le début de sa 4e, elle subit des moqueries, des violences, des insultes et du harcèlement de la part des autres élèves. Avec les réseaux sociaux, le harcèlement ne s’arrête plus à la porte du collège, mais investit les foyers. Il n’y a pas de répit pour les enfants. Au fil des mois, elle perd pieds, invente des malaises pour ne pas aller en classe, décroche. Mais le peu de notes qu’elle ramène sont bonnes. Je décide de consulter une psychologue spécialisée dans les tests de QI, qui révèlent un QI de 122. Ce qui explique en partie les problèmes qu’elle rencontre.

Quelques mois après la rentrée de 4e  c’est la catastrophe, elle ne veut plus aller en classe et reste enfermée à la maison. Je me mets alors, en quête d’un nouveau collège pour repartir sur une page vierge. Nous en trouvons un dans une commune proche de la nôtre qui compte 250 élèves et nous reprenons espoir toutes les deux. Espoir, hélas de courte durée, elle fréquente ce collège pendant deux mois seulement, mais le mal être, la dépression, le harcèlement ont fait trop de dégâts et elle ne peut pas continuer. Elle termine son année scolaire à la maison et bien sûr redouble sa 4e. A la rentrée suivante, je l’inscris au CNED, elle suit sa scolarité à domicile. C’est très compliqué pour elle de travailler seule, elle n’arrive pas à rendre les devoirs en temps et en heure. Tous les mercredis matins, je l’emmène donc chez une prof. qui l’aide dans son travail scolaire.

Le mal être, la dépréciation d’elle sont toujours présents, et un soir, elle absorbe des médicaments et nous nous retrouvons aux urgences. Je ne sais plus que faire pour la sortir de là. Nous sommes toutes les deux démunies et seules devant cette situation qui ne fait qu’empirer.

Nous avons vu pendant ces années, pléthore de médecins scolaires, psychologues, psychiatres, etc …qui étaient d’une suffisance et d’une inertie déconcertante et qui prescrivaient un enfermement dans un établissement spécialisé. Ce que nous refusions toutes deux. Et puis, miracle ! Ma sœur me parle d’une thérapeute qui exerce sur Melle dans les Deux-Sèvres et qui travaille entre autres sur le blocage scolaire. On tente, on verra bien, je suis prête à tout. Cette thérapeute nous écoute, et nous « remonte » On reprend confiance. Après quelques séances, incroyable !!!! Ma fille va mieux… La thérapeute nous parle de l’école SAVIO et quelques semaines plus tard, Isabelle Labrousse nous reçoit et nous fait visiter les locaux. Ma fille est réfractaire à son admission, elle est en rébellion et a peur d’un nouvel échec, mais je ne lui laisse pas le choix, elle intègre SAVIO mi-avril 2013.

Pendant la première semaine Saviotine, elle m’appelle tous les soirs en pleur (Christophe l’autorise à récupérer son téléphone ½ heure tous les soirs), la deuxième semaine elle m’appelle deux fois et la 3e semaine je n’ai pas de nouvelle… A la fin de l’année scolaire, soit deux mois et demi après son entrée à SAVIO, elle pleure encore, mais cette fois, ce n’est plus de la peur ou du désespoir, elle pleure car elle ne veut pas quitter ses camarades et l’école… Elle est bien entendu restée à SAVIO pour faire sa 3e, elle a obtenu son brevet des collèges avec mention BIEN. Aujourd’hui elle est au lycée en 1ère et prépare un bac L.

Merci à toute l’équipe Saviotine, de l’avoir entourée, soutenue et portée avec beaucoup de confiance et surtout sans complaisance. Sans eux, elle ne serait pas une lycéenne aujourd’hui. Pour elle, SAVIO et ses habitants, sont sa famille de cœur. Une belle et grande famille à qui je souhaite de s’agrandir au fil des ans et à qui je ne dirais jamais suffisamment.

MERCI Christophe, Isabelle, Chantal, Pascale, Jonathan, Romarick….

Nathalie C.