Saint-Clément : règlements de comptes à O.K. Corral

Cela fait déjà plusieurs mois que les relations sont tendues au sein du conseil municipal de Saint-Clément des Baleines entre Jean-Jacques Blanc et Lina Besnier. Le 9 décembre, après un conseil municipal relativement court, cette dernière a lu une déclaration – que nous vous livrons ci-dessous -, lorsque le maire Gilles Duval a fait un tour de table pour donner la parole aux élus.

Lina Besnier, conseillère municipale déléguée à l’urbanisme, au commerce, à l’artisanat et taxe de séjour s’est vu retirer ses délégations par le maire le 25 novembre. La forte personnalité de Lina, sa manière directe de traiter les problèmes et de les résoudre se sont heurtées pratiquement dès le début du mandat aux manières beaucoup plus patelines de Jean-Jacques Blanc, premier adjoint en charge des finances et des affaires générales, et personnage essentiel de l’échiquier du maire. Gilles Duval était d’évidence ennuyé de l’orientation que prenait la situation mais n’a pas démenti que Jean-Jacques Blanc lui avait demandé « la tête » de Lina.

Très impliquée dans son rôle de conseillère municipale, Lina occupe le terrain et il semble que ce soit apprécié de nombreux Villageois si l’on en croit les interventions du publique après le conseil. Parmi celles-ci une vigoureuse déclaration de Bernadette Mathieu déclarant qu’elle avait le sentiment de revivre ce qui s’était passé lors du précédent mandat et que les problèmes rencontrés avec Jean-Jacques Blanc ressurgissaient de manière identique. On se souvient d’ailleurs qu’elle aussi avait lu en conseil municipal une déclaration à ce sujet !

Retirer ses délégations à Lina Besnier c’est aussi d’une certaine manière l’empêcher de continuer à s’occuper du Salon de l’Habitat et de la Décoration qu’elle a créé en avril dernier et qui a rencontré un résultat tel que tous les exposants sont prêts à revenir en 2016. Ce succès ne lui a peut-être pas fait que des amis.

Gilles Duval avait espéré que ce mandat serait plus tranquille que le précédent. Au vu du dernier conseil municipal, cela semble plutôt mal parti. Affaire à suivre donc.

Catherine Bréjat

DÉCLARATION DE LINA BESNIER

Monsieur le Maire,

Depuis des semaines, voire des mois, je subis de la part d’un de vos adjoints des pressions énormes que je qualifierais à la limite du harcèlement. À chaque fois que j’essaie de prendre la moindre initiative, cet adjoint n’a de cesse qu’à me mettre en difficulté au lieu d’essayer de m’aider dans l’accomplissement de ma tâche.

Je ne rentrerai pas dans les détails sordides de cette petite « guerre des nerfs » qu’il me fait subir depuis le début de mon mandat d’élue. J’avour que je n’ai toujours pas compris le pourquoi de cet acharnement. Vous m’avez informée récemment qu’il vous avait « demandé ma tête » à plusieurs reprises en exigeant que vous me retiriez mes délégations sinon il menaçait de démissionner. Je trouve personnellement ce comportement puéril de la part d’un élu responsable. Le problème, Monsieur le Maire est que vous avez fini par céder et le 25 novembre vous avez m’avez envoyé une lettre m’informant que vous me retiriez mes délégations. Motifs invoqués : la signature d’une pétition, un article dans le journal au sujet du parking du Phare, un manque de réserve et autres prétextes fallacieux et non constitutifs d’une faute. Monsieur le Maire, un retrait de délégation est un acte rarissime et infamant pour celui qui le reçoit. Cela suppose une faute grave ou un manquement à l’éthique de ma fonction. Je suis élue du peuple et je dois donc rendre des comptes à ceux qui m’ont fait confiance. J’affirme ici que je n’ai pas failli. J’ai toujours agi dans l’intérêt des Villageois. Je ressens cette lettre comme une insulte, une atteinte à mon honneur en tant qu’élue et en tant qu’individu. Je la trouve diffamatoire à mon égard de par son contenu. Ce qui est regrettable dans cette histoire, c’est le manque de communication et de confiance. Quant à votre adjoint, si prompt à demander ma tête, il n’ jamais cherché à avoir une conversation constructive avec moi. Son acharnement à me déstabiliser me sidère. Cependant, malgré la violence qu’il manifeste à mon égard, je n’ai pas l’intention de me laisser impressionner.

Cette situation est pitoyable et inacceptable. Cela donne une image lamentable de notre commune. Monsieur le Maire, j’aime ce que je fais, j’aime ce village et les gens qui y vivent, j’aimerais faire beaucoup plus si on m’en donnait la possibilité

Je sais que vous ne souhaitez pas cette intervention, mais comprenez que je sois obligée de me défendre. En conclusion, Monsieur le Maire, vous savez très bien que je ne mérite pas cette sanction, je vous demande d’être juste et de me rendre mes délégations. Merci de m’avoir écoutée.

 

 

 

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