Gaspillage alimentaire : les lycées en ligne de mire

La région Nouvelle-Aquitaine a organisé le 9 novembre à Poitiers, en partenariat avec l’association CREPAQ (1) , la DRAAF (2) , l’ADEME (3) , et la FNE (4) , la deuxième étape des Assises de la lutte contre le gaspillage alimentai,e consacrées plus particulièrement à l’ex-région Poitou-Charentes. Soraya Ammouche, conseillère régionale et élue de La Rochelle, y était, nous l’avons rencontrée.

Depuis le 1er septembre 2016, la loi TECV (loi de transition énergétique pour la croissance verte) oblige les établissements de restauration collective gérés par les collectivités à mettre en place une démarche de lutte contre le gaspillage alimentaire. Élue à la Région depuis cette année, Soraya Ammouche, tout en conservant certaines de ses responsabilités à la ville et à l’agglo, est concernée par l’élaboration d’un plan de lutte contre le gaspillage alimentaire. Les cantines des lycées sont les premières sur la sellette « l’objectif étant, comme elle l’explique, de réduire de 20% le gaspillage alimentaire dans les lycées de la Région. C’est une question délicate, car elle touche aux habitudes alimentaires, et complexe parce que les enjeux sont à la fois d’ordre économique, environnemental et éthique. »

Qu’entend-on par gaspillage alimentaire ? Jeter à la poubelle des denrées qui auraient pu être consommée, relève du gaspillage alimentaire, qu’il ne faut pas confondre avec les déchets alimentaires. La moyenne nationale de ce qui reste dans les assiettes de nos lycéens déjeunant à la cantine est de 140 gr de nourriture, par enfant et par repas, qui vont directement à la poubelle. Après un travail remarquable des équipes et une sensibilisation intelligente des enfants, un lycée de Bordeaux a réussi à réduire ce chiffre à 30 gr. Cela montre l’impact qu’une démarche régulière peut avoir sur les 296 lycées de la Nouvelle-Aquitaine et leurs 25 millions de repas servis.

Soraya Ammouche dans les locaux de Ré-Télé lors de l'enregistrement de l'émission Studio
Soraya Ammouche dans les locaux de Ré-Télé lors de l’enregistrement de l’émission Studio

Une indispensable action collective et quotidienne

Soraya Ammouche insiste sur le fait que : « le gaspillage alimentaire concerne tous les acteurs de la chaîne alimentaire depuis le producteur jusqu’à l’élève. Les cuisiniers seuls ne peuvent juguler ces pertes et l’action menée doit être quotidienne et collective. » Dans les lycées la sensibilisation des enfants reste le meilleur moyen d’avancer ; ils doivent comprendre qu’ils ont le pouvoir d’agir. Beaucoup de choses passent par l’éducation et l’exemple. Les solutions pratiques envisagées et dont certaines sont déjà appliquées, vont de l’adaptation à l’appétit des adolescents avec des portions plus petites et possibilité de se resservir à des mesures comme des tables de tri des déchets ou la création et l’entretien de potagers éducatifs.

Afin d’être au plus près des territoires, ces assises se sont déroulées en trois temps. D’abord à Bordeaux le 14 juin pour l’ex-région Aquitaine, puis à Poitiers le 9 novembre et à Limoges le 6 décembre pour l’ancienne région Limousin. Ce modus operandi devrait faciliter la mise en place des actions, tenant compte de ce qui a déjà été réalisé et des spécificités de chacun. Comme le dit encore Soraya Ammouche : « Ne nous leurrons pas, cela prendra du temps ».

Catherine Bréjat

  • CREPAQ : Centre de Ressources d’Écologie Pédagogique d’Aquitaine
  • DRAAF – Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt
  • ADEME : Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie
  • FNE : France Nature Environnement